Covid-19 : Des pénuries dénoncées par le Dr Benhabib, biologiste médical, PDG de Synlab Provence)

Covid-19 : Des pénuries dénoncées par le Dr Benhabib, biologiste médical, PDG de Synlab Provence)

TRIBUNE du Dr Sofiane Benhabib, biologiste médical, PDG de Synlab Provence et vice-président du Syndicat de Biologie Libérale Européenne : Matériels, réactifs et consommables manquent cruellement dans les laboratoires de Biologie médicale pour développer les tests de dépistage du COVID-19.

État des lieux d’une situation sous tension : 

« Après des revirements et ajustements au fil de l’eau, la Direction générale de la santé a annoncé le passage de 9 000 à 29 000 tests de dépistage par jour du Covid-19 à la fin du mois de mars et à 100 000 tests par jour à la fin du mois de mai, puis un dépistage sérologique systématique et massif à la fin de l’épidémie. Ces évènements, outre leurs caractères complétement inédits et fulgurants, prennent une résonnance toute particulière pour nous, laboratoires de biologie médicale.

Une profession qui dénonçait déjà les coupes budgétaires :

Il y a moins de six mois, nous nous mobilisions pour dire STOP à des coupes budgétaires. C’est le modèle même d’une Biologie médicale praticienne et de proximité qui se trouvait mis en danger, ainsi que sa capacité à investir massivement pour soutenir des évolutions technologiques toujours plus coûteuses.

Un système en flux tendu, au bord de l’implosion en cette période de crise :
La crise actuelle nous met directement face à ces réalités. Les politiques à court ou moyen termes ont conduit à un système de soins en flux tendu, tout juste calibré pour répondre aux besoins “habituels“. Gardons à l’esprit que ces 10 dernières années, le budget alloué à la Biologie médicale par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie CPAM s’est réduit comme peau de chagrin alors même que les volumes d’actes sont en croissance constante.
Un système au bord de la saturation au moindre imprévu, comme c’est le cas aujourd’hui. Sans appareil de production fort en France, sans stocks de matériels (les écouvillons pour les prélèvements, les réactifs nécessaires aux analyses, les machines pour la biologie moléculaire), et totalement dépendants d’approvisionnements extérieurs, nous sommes en difficulté pour augmenter le nombre de tests quotidien.

Il aura donc fallu une pandémie mondiale pour précipiter la profession sur les devants de la scène, l’installation de « drive-in » aux quatre coins du pays pour explorer le rhinopharynx de nos concitoyens à la recherche du virus mortel, pour que l’expression du manque de moyens et l’absence de réserve de production deviennent audibles pour les tutelles.  

Malgré des compétences pleinement engagées :
Heureusement que les compétences sont encore là ! Les moyens humains de la profession sont aujourd’hui pleinement engagés et se tiennent prêts à monter en puissance pour accompagner l’effort et l’évolution de la stratégie du gouvernement. Elles permettront de mettre en route les moyens technologiques pour répondre à un dépistage plus large puis à une sortie de confinement sélective documentée et progressive. » 


 

Communiqué de presse–tribune complet sur demande.